La suite…. Je vais tenter d’être concise (tenter j’ai dit!!)
« Je sais que la fessée c’est pas bien, mais ici c’est la solution de dernier recours…. »
En êtes vous sur? Et puis une solution de dernier recours pour qui? Le parent ou l’enfant?
D’après mes observations (supermarché, parc d’attraction, parc extérieur, réunion familiale, rue etc…) la fessée intervient selon différent schémas :
- Petit pioupiou est gentiment avec sa maman pioupiou au supermarché. Petit pioupiou voit teeeeellement de choses merveilleuses : tant de couleurs, tant de choix tout est attrayant (et remarquez que les paquets les plus attrayant ne se trouve plus à hauteur de parents mais à hauteur d’enfant!). Petit pioupiou veut tout, forcément. Maman pioupiou qui n’est pas crésus, dit non sur 99% des trucs. Dans la globalité, ça marche, des fois petit pioupiou pigne un peu mais en éloignant pioupiou de la source de désir ça passe vite. Maman pioupiou se rassure au fur et à mesure de l’avancée des courses, ça va bien se passer (oui pour toute maman pioupiou qui se respecte : les courses avec bébé pioupiou sont une source de stress immense!). Mais c’était sans compter l’ingéniosité des commerciaux de supermarché : en tête de gondole : LA babiole qui change tout, LA babiole qui brille et qui attire irrémédiablement petit pioupiou à elle. Celle là il la faut, elle est trooop bien. Une fois de plus, maman pioupiou dit non et cherche à attirer l’attention vers autre chose mais là, la tentation est trop forte : petit pioupiou hurle son désespoir, il trépigne, se roule par terre. Évidement tout les yeux des passants autour (qui ont TOUS connu ça mais comme par hasard l’ont TOUS oublié) se tournent irrémédiablement sur la maman désespérée. Il faut agir, montrer que tu es une bonne mère, qu’elle a l’autorité, qu’elle gère son démon bébé. Mais que faire? On tente le dialogue. Échec complet, le cerveau de pioupiou est déconnecté aucune parole ne peut venir à bout de cette crise. Les yeux se font insistant, des commentaires arrivent aux oreilles de la maman, la pression monte. Que faire? Chez elle, elle ne tape jamais, elle est contre mais la pression est plus forte : une fessée, des cris « ha ça suffit maintenant ». Les regards se tournent, les passants s’en vont, c’est bon elle a agit. La pression redescend et la maman s’en veut (ou pas). Petit pioupiou continue de pleurer, les courses sont écourtées et maman pioupiou rentre chez elle mais elle a oublié le pain, les haricots verts, les pâtes : flûte, faudra y retourner encore.
- Petit ange se balade tranquillement avec maman ange dans la rue. Il fait beau, l’air est frais, ça fait du bien de s’aérer la tête. Il y a des voitures, aussi maman ange exige en bonne maman que bébé ange tienne la main de sa maman pour sa sécurité. Globalement, petit ange respecte la consigne, quelques tentatives de liberté mais là encore maman ange rappelle la consigne : « on donne la main dans la rue, il y a des voitures, c’est dangereux ». Maman ange croise une amie, elles se mettent à discuter de tout et de rien. L’attention diminue petit à petit. Bébé ange commence à s’ennuyer. Et là, tout dérape : bébé ange aperçoit de l’autre côté de la rue un petit chat, trooooooop mignon. La tentation est trop forte, il DOIT aller le caresser. N’entendant que la tentation, tout le reste passe à la trappe : il lâche la main de sa mère et file tout droit vers le chat. Une voiture arrive. Le cœur de la maman ne fait qu’un tour, elle court vers son enfant, Carl Lewis ne pourrait pas la vaincre à la vitesse tant elle court vite. Elle rattrape son enfant juste devant la voiture qui fort heureusement a vu l’enfant et a freiné sec. La peur fut trop forte, elle hurle et la fessée sur les fesses tombe « Je t’avais dit de ne pas me lâcher la main ». Bébé Ange pleurs : non seulement il n’a pas pu aller caresser le chat mais en plus il a reçut une fessée et ne comprend pas. Il ressent toute la peur de sa mère et comprend d’autant moins.
- Un dimanche après midi après un repas familial. Les enfants sont surexcités, les parents commencent à fatiguer des cris des bambins. « Allez jouer dehors ». Évidement, en groupe, les gnomes ont une imagination débordante en matière de découvertes (ou bêtises!!) et ils les accumulent. Papa gnomes agit : le père fort de son autorité arrive avec sa grosse voix : « c’est pas bientôt finit ce bazar? vous vous calmez tout de suite ». C’est sur, petit gnome a tout pigé et retourne jouer (hum hum faire des bêtises) avec ses copains gnomes. La conversation se tourne sur l’éducation des enfants (oui y a toujours le couplet éducatif en fin de repas familial) : « haaaaaaaa les mômes d’aujourd’hui ne connaissent plus le respect, haaaaaaaaaa ils font plein de bêtises, haaaaaaaaaaaaa y a des baffes qui se perdent, de mon temps, on ne se laissait pas faire par les mioches moi j’te l’dis » (avouez, vous avez tous vécu ça!). PATATRAAAAAA! Un énorme bruit stoppe cette conversation forte intéressante (ahem!!), les gnomes en jouant à chat ont fait tomber le vase (fort lait au demeurant) de la tante Berthe. Ho my gouuuuuuurde mais qu’est-ce qui m’a donné des enfants pareils?!!!! Papa gnome arrive avec sa grosse voix » c’est pas bien, tu a vu ce que tu as fait? » « Files au coin, tu es puni et tu seras privé de télé ce soir ». Petit gnome est trop excité, le coin il ne le tient pas. Il voit les adultes ramasser les bêtises, il se lève, une fois, deux fois, trois fois. Le cousin (qui n’a pas d’enfant…) « il te défit là, fais gaffe, tu va te faire bouffer », avis rejoins par la majorité. Papa se sent humilié, il en a marre, il veut se barrer et rentrer peinard chez lui. Petit gnome se relève encore une fois et là, ça part : une baffe « Fallait pas me chercher! ».
Etc….
Il faut l’avouer, nous avons TOUS vécu un scénario similaire et en analysant ces différents scénarios à froid, on se rend vite compte que dans tout les cas, la fessée est la solution de dernier recours pour les PARENTS, parce qu’ils craquent, parce que la pression des regards est monstrueuse, parce que la peur du jugement dépasse notre faculté à dialoguer, à comprendre et à analyser.
« Donc en gros vous êtes pour l’établissement de cette loi! »
Oui mais pas que cette loi. Je vois cette loi comme la reconnaissance de la fessée comme un outil non seulement néfaste mais aussi INUTILE. Inutile car elle n’aide pas l’enfant à comprendre que ce qu’il a fait n’est pas bien. Néfaste car elle rompt le dialogue primordial entre le parent et l’enfant, elle rompt également la confiance que peut avoir l’enfant et engendre un sentiment de colère envers ses parents et sans aucun lien avec ce qui a pu générer cette fessée.
Mais pour que cette loi soit efficace il faut plus, bien plus. Il faut fournir d’autres armes aux parents pour éduquer son enfant autrement. Il faut la reconnaissance des scientifiques, des psychologues et autres spécialistes de l’enfance : pour faire changer les mentalités. Pour que les regards ne jugent plus et ne fassent plus autant pression, pour que cesse les adages du type « de mon temps on ne se laissait pas marcher sur les pieds » pour qu’on trouve d’autres solutions autant pour les parents que pour les enfants.
Cette loi peut marquer le coup : montrer que le corps d’un enfant n’est pas la propriété des parents, qu’au même titre qu’on ne réalise pas de caresses déplacées sur son enfant on ne le frappe et ce qu’elle qu’en soit la raison.
« Oui mais il faut bien fixer des limites, sinon on se fait bouffer »
Ha mais je n’ai jamais dit le contraire et rien que pour ça j’aimerais que les mentalités changent car le fait de ne pas donner de fessées ne veut surtout pas dire ne pas fixer de limites et faire de son enfant un enfant roi qui peut tout se permettre.
« Ouais ben t’es bien gentille mais on fait comment? »
D’abord on réfléchit et on analyse.
Il faut déjà se sortir du crâne que les enfants n’ont pas pour unique but dans la vie que de pourrir la vie de leur parent, de leur mettre la honte devant tout le monde. Il faut comprendre comment fonctionne le cerveau des bambins, des enfants, apprendre à se mettre à leur place pour leur fixer des limites qu’ils peuvent comprendre sans rompre le dialogue.
C’est sur, c’est long, c’est fatiguant mais c’est un investissement sur l’avenir.
Mon prochain article portera justement sur ces alternatives, où en comprenant le fonctionnement des enfants on peut fixer des limites, avec amour et RESPECT.
Pour clore cet article je me permet un changement de point de vue, hisoire d’imager ce que peut ressentir un enfant :
« Vous travaillez dans une entreprise. Votre supérieur hiérarchique vous demande un rapport complet des activités pour vendredi. OK, chef, le rapport sera sur votre bureau vendredi. Le temps passe, le rapport est plus long que ce à quoi vous vous attendiez. Il faut respecter le délais et plutôt que de demander un délai supplémentaire, vous choisissez de hum hum le finir un peu à la va-vite, histoire d’avoir le weekend tranquille. Le vendredi après midi, vous déposez le dit rapport sur le bureau de votre supérieur et vous partez le cœur léger, ce weekend sera ensoleillé, vous vous prévoyez un bon pique nique avec les enfants, ça va être génial. En effet, le weekend fut génial, vous avez complètement oublié le rapport. Lundi matin, vous allez vous prendre un petit café histoire de bien commencer la semaine. Vous discutez de votre weekend génial avec vos collègue, l’atmosphère est détendu, bref tout roule! Et là, le chef débarque, rouge de colère « vous vous foutez de moi, c’est ça un rapport d’activité? ». Vous devenez pivoine devant vos collègues, toutes les conversations se stoppent, tout le monde attend la suite de l’histoire, un bon potin à raconter, ça! « Non seulement il est bâclé mais en plus bourré de fautes d’orthographe, j’ai passé mon weekend à corriger vos bourdes ». Vous tentez de vous justifier mais s’en est trop pour le supérieur, il vous prend par le bras, vous tourne de 3/4 et vous colle une fessée. Les yeux des collègues en sortent de leurs orbites….
En imaginant ce scénario, quel aurait été votre sentiment :
A. Il a raison, j’aurais du travailler plus, je l’ai bien mérité cette fessée.
B. Non mais pour qui il se prend lui, de quel droit il me colle une fessée?!!! OK le rapport était un peu bâclé mais ça ne méritait pas une fessée…
C. Humilié par cette réaction démesurée : vous collez votre poing dans la tronche à ce malotru…
Honnêtement? Vous penseriez comme la réponse A? Non, hein….
Allez tous après moi : LA FESSE C’EST TABOU, ON EN VIENDRA TOUS A BOUT!!!!
Je suis impressionnée.
Cet article (enfin les deux) je l’imprime et je l’encadre. e le sors à tout ceux qui auront des questions sur le sujet, car pfiouuuu tout un bouquin de Filiozat n’aurais pas été aussi bien fait et efficace…
Aller hop, encore un ptit lien depuis mon blog sur le tiens mdr
*rougit*
Merci ninitiou
merci!
j’ai hâte de lire la suite!
Même si je contre la fessée dans l’éducation que je porterais à mes enfants, je suis contre une loi interdisant la fessée. Je suis d’accord pour dire qu’il faut protéger l »enfant de la maltraitance, car un enfant battu porte des séquelles psychologiques très graves. Mais de là à dire la même chose de la fessée « méritée », je ne suis pas d’accord. Et ce pour la même raison que dans mon commentaire précédent, à cause du contexte social. Mais je ne m’étendrais pas là-dessus et je souhaite qu’un jour les Hommes refusent la violence d’eux-même!
Justement je ne comprend pas comment on peut souhaiter que l’Homme refuse la violence par lui même sans montrer à la société que cette violence au titre d’éducation est inutile.
Ha tiens je n’ai pas précisé mais cette loi n’est pas une loi pénale mais une loi civile : à ce titre : un gendarme ne peut pas mettre en garde à vue une maman qui met une fessée à son enfant : mais l’article serait lu lors du mariage par exemple (argh je ne sais pas si je suis claire, là!!)
Je ne sais pas si tu as lu ou entendu les interviews de son auteur Edwige Antier : son but n’est pas la culpabilisation ou autre condamnation des parents mais faire un premier pas vers la non violence en matière d’éducation.
sisi très claire, il faut bien faire le distinguo ente loi civile et loi pénale…
Oui c’est très important de le preciser. D’ailleurs lorsque nous nous sommes mariés, j’ai été surprise qu’on nous mettent autant de conditions déjà à la mise au monde et à l’education d’un enfant a naitre.
Alors ne jouons pas les indignée quand à une petite precisions de plus ^^
Super ton article. Je trouve ce que tu dis tellement vrai : le coup des courses ….
Je suis en pleine recherche de livres sur la communication non violente et la gestion des « crises » chez l’enfant. Et là tu es en plein dedans.
Je vais de ce pas lire la suite !
Merci beaucoup Pitch, j’espère que tu trouveras ce que tu cherches ici et n’hésites pas si tu as des questions, je me ferais un plaisir d’y répondre ou de te guider si besoin est.
merci merci beaucoup!
je vais venir relire pas mal d’article quand ça devient dure avec chiara (comme en ce moment…) ça fait du bien ce que tu écris. Un bon bol d’air frais
Salut,
L’histoire des courses, ça me rappelle beaucoup ma maman, elle avait une astuce magique pour faire arrêter les caprices aux enfants.
La maman dépassé, l’enfant cri, les regards… Et là, ma maman passe dans le même rayon, et vois ce cirque ‘pathétique’. Elle décidait d’intervenir. Elle regardait avec gentillesse l’enfant hurleur, elle le regardait dans les yeux, et captait son attention. D’une voix toute douce et gentille, elle disait à l’enfant : « Comme tu cris bien, tu sais très bien crier, je suis impressionnée, mais je trouve que tu cris pas encore assez fort, il y a des gens à l’autre bout du magasin qui ne ton pas encore entendu ». En général, l’enfant arrêtait net de criait, car ce que ça veut dire c’est que ça ne sert à rien.
Pour nous elle disait pas à l’autre bout du magasin, mais ‘votre père’.
Mais combien de mamans ont été soulagée d’entendre leur enfant se taire, et on pu reprendre le dialogue une fois le calme revenu. Toutes l’ont remerciées, et sa seule réponse : « c’est naturel, c’est parfois si dur », et elle savait de quoi elle parlais puisque j’ai deux frères et une soeur.
Ma maman c’était la super héroïne des maman en détresse en grande surface.
Un jour elle m’a expliqué, que ce genre de moment sont très dure pour les mamans, parce que les gens ont tous un regard accusateur, et méprisant, mais aucune personne n’aidera la maman pour venir à « bout » de l’enfant, afin qu’il arrête son caprice. Alors que la plupart du temps il suffit de quelques mots, et un peu de soutient pour la maman. La maman qui a du soutient : « tu vois je te l’avais dit crier ne sert à rien, et tu vois la dame dit comme moi » et hop deux arguments dont celui d’une inconnue (ce qui a aux yeux de l’enfant souvent beaucoup de poids : « Oh la dame elle dit comme maman, c’est que maman n’a pas tord alors ».
Les rares fessées que j’ai eut c’est mon père qui me les a donné, ma maman savait nous parler et nous expliquer les interdits. Prendre notre mains et l’approcher doucement du four pour nous faire ressentir la chaleur, l’approcher des rosiers pour montrer que ça pique, nous dire avant d’entrer dans la grande surface qu’il faut être sage…
avec celle de la cuisine moi en fait jai une astuce qui marche a tous les coups et que je ne peux mempecher de partager avec vous. sauf que je ne peux pas parce que franchement vous avez drolement joue le jeu cest super.