De retour du week end (ouiiiiiiii je publierais quelques photos promis!!), une amie (Julie pour ne pas la nommer!!) nous présente un sondage publié sur le site de France 2 (où le site de la désinformation au service de la France, bref!!).
Faut-il ou non renoncer à la fessée ?
Actuellement : seulement 13,7% se prononce pour l’abolition de la fessée. Arf y a encore du boulot.
Cet article, je le rédige de manière à exprimer mon opinion sur cet épineux problème qu’est la fessée inculquée aux enfants. Un avis scientifique (ben oué je suis scientifique dans l’âme et je réagis en tant que tel dans bon nombre de mes questionnements quotidiens) donc basé sur des études et sur la recherche d’incohérences dans le raisonnement opposé au mien.
« Ouais bon en même temps, une fessée n’a jamais tué personne, j’en ai eu et j’suis pas mort. »
C’est THE argument qu’on me sort à chaque fois que je dis que je me refuse à taper ma fille. Ben je suis au regret de dire que si, une fessée peut tuer. Pas directement on est d’accord mais toutes les maltraitances sur enfant qui conduisent à leur mort (selon the Lancet : chaque année 150 000 enfant dans le monde meurent sous les mauvais traitement et la majorité de ces décès ont lieu dans des pays développés) ont commencé par une tape sur la main ou par une fessé ou une claque.
Combien de parents ont commencé par donner des « tapes gentilles » sur la couche de leur enfant. Et puis l’enfant s’habitue, et continue autant de défier : « il se marre quand je lui tape sur la couche maintenant » alors là on fait quoi? On tape plus fort? Quelle est la limite? 150 000 enfant ont subi ce dépassement de limite (en France : 2 enfants meurent chaque jours sous les coups de leur parents, c’est trop beaucoup trop).
Outre le décès, les études scientifiques montrent un lien de proportionnalité entre les violences physiques et l’agressivité des enfants. Trouble psychologique, du comportement, de la communication : chaque correction physique peut avoir un impact négatif à des degrés divers sur l’enfant (rapport de l’OMS 8 avril 1999 soit il y a plus de 10 ans!!!).
Bien sur chacun d’entre vous peut très bien me dire qu’il a déjà eu des fessées dans son enfance et ne s’en porte pas plus mal! Vous trouvez, sérieusement? Combien d’entre vous ne savez pas exprimer vos émotions, combien d’entre vous ne savez pas canaliser votre colère? Regardez la simple aggressivité quotidienne sur la route : klaxon, injure, geste injurieux, course poursuite, tous ces cas concrets marquent clairement une aggressivité sous jacente que nous ne savons pas évacuer. Ne viendrait-elle pas de toutes ses fessées accumulées dans notre enfance? Nous ne pouvons pas affirmer que nous en serions pas des personnes plus calmes, plus sereines, plus aptes à communiquer si nous n’avions pas reçut de coups.
EDIT (30/04/2010) : suite au commentaire d’inndhiraa : bien sur je ne considère les fessées comme étant les seules responsables de notre agressivité sous jacente mais comme étant une cause non négligeable d’une partie de celle-ci : les études montrant un lien de proportionnalité entre les châtiments corporelles et l’agressivité des adolescents, j’ai extrapolé à l’âge adulte (ne voyant pas pourquoi cette agressivité disparaîtrait comme par enchantement à l’aube de nos 18 ans!!)
« Ouais bon en même temps, c’est mon enfant je fais ce que je veux. » « J’ai quand même le droit d’éduquer mon enfant comme bon me semble. »
Hmmmmmmmm oui mais non. Tout simplement parce que les droits de l’homme ne s’arrêtent pas au seuil de votre porte (et heureusement).
Je cite les articles des droits de l’Homme (fondamental quand même) :
article 5 : « Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. » (oui une fessée c’est dégradant)
article 7 : « Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination. » (et la loi est claire on ne frappe pas)
article 26.2 : « L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix. »
Bien sur vous pouvez me citer l’article 26.3 pour vous conforter sur le principe que c’est aux parents de choisir l’éducation de leur enfant. Oui mais…
En 1959, les enfants sont considérés comme des personnes à part entière et la déclaration des droits de l’enfant est rédigée :
principe 6 : « L’enfant, pour l’épanouissement harmonieux de sa personnalité, a besoin d’amour et de compréhension. Il doit, autant que possible, grandir sous la sauvegarde et sous la responsabilité de ses parents et, en tout état de cause, dans une atmosphère d’affection et de sécurité morale et matérielle; l’enfant en bas âge ne doit pas, sauf circonstances exceptionnelles, être séparé de sa mère. La société et les pouvoirs publics ont le devoir de prendre un soin particulier des enfants sans famille ou de ceux qui n’ont pas de moyens d’existence suffisants. Il est souhaitable que soient accordées aux familles nombreuses des allocations de l’État ou autres pour l’entretien des enfants. »( et NON, les fessées ne traduisent pas une atmosphère de sécurité morale!)
« Rhoooooooooo vous ne croyez pas que vous abusez un peu là? »
Non j’abuse pas! Et la communauté scientifique va également dans mon sens. En 1996, le journal Pediatrics (vol.98, 1996) publie une méta analyse regroupant plus de 166 articles mettant en évidence les effets néfastes des corrections physiques, même légère (fessée ou gifle) sur le développement des enfants.
Je rajoute en plus que le recours aux fessées est un processus incohérent.
« Incohérent? S’il fait une connerie, il a une fessé : action réaction. C’est très logique même »
Non c’est même très loin d’être logique. Un exemple qui illustre l’incohérence énorme :
Deux enfants jouent au parc. Ils s’éclatent sur le toboggan, vont dans le bac à sable et là, c’est le drame! Un des deux enfants prend le sceau du deuxième. L’autre pigne crie et lui colle une baffe, la victime se défend en retapant, mordant etc…
La suite vous la connaissez car en bons parents vous vous diriger directement vers le lieu du drame et vous dîtes à votre enfant…. »ON NE TAPE PAS »!!!
Alors où est la logique là dedans : vous vous donnez le droit de taper votre enfant mais par contre lui, ne peux pas, comment être cohérent dans ces cas là?
« Oui mais c’est pas pareil : on est les parents »
Ben oui c’est même pire. Tout d’abord parce que les parents ont le devoir moral de montrer l’exemple. Vous faîtes bien gaffe à limiter l’usage d’injures devant vos enfants pour qu’il évite de sortir « putain » ou « merde » dans toutes ses phrases, non? Donc taper son enfant et lui dire que non il ne doit pas taper, je ne vois pas où est le bon exemple!
Ensuite en tant que parents, vous avez bien plus d’armes que les bambins pour agir en cas de crise (je ferais un topos sur les « trois cerveaux humains »), vous êtes sensé mieux maîtriser vos émotions alors qu’un enfant de 3 ans est bien loin d’avoir les ressources ni les facultées cérébrales pour se contrôler.
« Mouais, je reste sceptique »
C’est sur, c’est super difficile de se remettre en question. On peut toujours dire que c’était mieux avant, qu’avant les enfants avaient très souvent des coups de ceinture, des baffes et j’en passe et qu’ils était « mieux éduqués » ce qui est faux. La violence d’autant était la même, on en parlait moins c’est sur (Vous pouvez revoir « la guerre des boutons » pour vous remémorez que les enfants des années 50 n’étaient pas en reste pour faire conneries sur conneries et même si les coups de ceinturons étaient monnaie courante).
L’histoire évolue et la violence diminue : il y quelques centaines d’année : des humains étaient réduits en esclavage : on pouvait en faire ce qu’on voulait (frapper, violer, tuer), l’humanité à franchit un grand pas quand l’esclavage fut abolit. Fin des années 50, les femmes qui étaient encore régulièrement frappée par leur mari et/ou leur père ont gagné en droit et en considération. Aujourd’hui, nous n’avons plus le droit de frapper ni adulte, ni femmes ni même animaux. L’humanité gagnera encore en ne frappant plus les enfants.
Une petite comparaison : Une réunion familiale, un dimanche ensoleillé a lieu pour fêter un quelconque évènement. Le repas est long, on boit un peu ou beaucoup. Un homme un poil émêché se lève brutalement et renverse le verre de son voisin sur son pantalon. Réaction :
- »haaaaaaaaaaa mais prouuuut (pour rester polie) tu pourrais faire gaffe quand même »
- »J’suis trop désolé (hips) » (non non personne n’est visé!!!!!!!!!!!!!!!!)
- »bon c’pas grave » *rumine*.
Si on change le scénario : un enfant, las de rester sur sa chaise depuis des lustres, se lève brutalement et renverse le verre sur le pantalon de son père.
- »mais tu peux pas faire attention?! » *baffe* « Allez files »
Pourquoi l’enfant, a-t-il eu un traitement différent du voisin adulte (et bourré en plus)? Parce que c’est un adulte?
Vu la longueur de cet article, je publierais la suite dans un autre article.
Désolée pour la longueur de cet article!